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Le blog de Fillfoule @JeanneRavenne

Je cherchai une âme qui me ressemblât... En quête de sages, d'artistes bienveillants et de penseurs généreux en prise avec notre présent pour un meilleur demain.


La mémoire et la mer...

Publié par fillfoule sur 20 Août 2009, 13:38pm

Mon roman a brûlé. Il s’intitulait : Vivement Lundi!. C’était un roman d’Amour…

On était Vendredi.

"- Ne jouez pas avec les amoureux de l'amour, ça les flingue. Soyez très claire. Ou aimez-les si c'est le cas.

- Pourquoi me dites-vous cela? (...)"

Il raccrocha et partit s'acheter un verrou. Dans la nuit, il avait perdu ses clefs, toutes ses clefs.

Se berçait-il encore une fois d'illusions, s'inquiétait-il. Atterrir, se protéger pour ne plus choir,

si rien n'existe de son côté à elle. Il avait mal. Il était fort.

Elle s'appelait Ambre. Il s'appelait Jaime -.

Ce jour, rien n'allait normalement. Le verrou qu'il avait monté en remplacement se révéla cassé. Il avait pris une contravention de stationnement en allant au magasin alors même qu'il avait voulu payer. D'ordinaire si calme, sa terrible voix en colère avait fusé : il avait traité la contractuelle (drôle d'appellation) d'enculée de sa caste, entre autres gentillesses, lui qui pourtant surveillait particulièrement son langage.

Ambre ne quittait plus ses pensées. Il adorait son caractère, sa façon de vivre. Etre avec elle.

Evoluant dans un cercle commun, une belle affinité élective les avait d'abord réunis.

Intuitivement, elle, la secrète, lui avait livré d'office de profondes interrogations. Naturellement, il l'avait réconfortée par ses paroles de sagesse et sa bienveillante attention. Avant qu'ils ne découvrent leur désir réciproque.

Mais lui était un fou d'amour et se connaissait bien. Les femmes l'avaient maintes fois fait

souffrir et il se méfiait de lui. Il savait que le jour où Ambre porterait pour lui sa guêpière, il n'en reviendrait plus et recherchait la confiance.

Pour l'heure, Ambre se taisait tout en manifestant un réel désir et quelques signaux de trouble.

Mentionnait sa voix de couette à lui..., parlait d'être aux oiseaux, émettait des révélations :     "-Les rencontres, les connaissances...". De jour en joue, elle embellissait.

D'accord mais n'était-il pas encore en train de sur-interpréter ces manifestations?

D'abord, l'aimait-elle et comment? Sauraient-ils s'aimer immensément et sereinement? Ou ne l'aimait-elle simplement pas plus que ça?

Cette journée était fatigante, rien n'allait droit et pourtant il faisait un temps radieux. Une belle chaleur dehors, une lumière splendide. Il n'avait qu'une envie : se laisser aller au bonheur. Tout voir avec ses yeux d'amoureux. Mais il fallait faire attention. Hélas! Peut-être était-il seul à ressentir tout ça.

Excessif, entier, il se savait pouvoir aussi être insupportable et ça, il ne fallait plus.

Il appela sa vieille maîtresse qui lui conseilla la réserve. Mais tous les verrous sautaient.

Il est épris! Faut-il qu'il regarde ailleurs? Il lui posait la question : étaient-ils enfin sur la même longueur d'onde? Cheminant sur la voie de l'amour durable, réciproque et, s'il le faut, partagé?

Son oreille gauche sifflait sans cesse. Après tout, on verrait bien.

Ce si bel échange de sourire et de regard qu'ils s'étaient partagé la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés. En silence. Comme un soulagement.

 

@@@

 

« Les mots sont aussi des actes : action-réaction ! Chère Ambre, décoincez !!! Ou je couche sauvagement Janis au fond et au plafond. »

 

Jaime avait pété un câble, le SMS était parti tout seul sur une mauvaise manip, il s'en voulait déjà et ne savait plus comment rattraper l'irrattrapable. Après tout, ce sera peut-être l'étincelle pour allumer le feu, conclut-il. Il est grand temps, je n'en peux plus!

 

Il avait encore été réveillé à quatre heures du matin par un rêve orgastique. Cela faisait des semaines qu'il en était ainsi. La veille en sa présence, il avait été ravagé par un désir brutal, d'une violence inouïe qu'il n'avait jusqu'alors jamais encore ressentie. Un feu ravageur, délirant, quasi-insoutenable. Il connaissait sa fragilité en la matière, il avait fallu tout étouffer et ça avait été vraiment dur. Au fur et à mesure, cela devenait impossible à réprimer et il fallait l'initier en douceur. Comment faire? Continuer à approcher délicatement son poussin.

S'armer de tendresse et d'amour. Ca commençait très sérieusement à le déborder.

Dans un second SMS, il la pria de l'excuser et de venir d'elle-même à lui par la parole et les gestes. Il s'était déjà tant dévoilé, comment pouvait-elle craindre autre chose que sa propre

peur à elle sur laquelle il faudrait bien passer ?

N'avaient-ils pas déjà une si belle confiance l'un en l'autre ?

Il y avait eu ce baiser volé partagé. Il l'avait déjà enlacée par devant, par derrière. La seconde fois, moins raide, elle avait relâché ses épaules sous son étreinte. Ressenti et remercié ce qu'elle avait appelé son énergie positive. Etreinte volée et consentie. Elle avait éloigné son bassin, il l'avait senti lui échapper comme une amputation. Et il avait desserré l'étreinte. Elle attendait toujours un départ imminent pour se laisser approcher. Il voulait lui crier de ne pas avoir peur, de tout lui dire, de s'abandonner. Qu'il l'aimait d'un bel amour.

Ce si bel échange de sourire et de regard qu'ils s'étaient partagé la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés. En silence. Comme un soulagement.

Lui dire de s'asseoir sur sa fierté mal placée et que si deux fois dans la vie, il fallait se courber, c'était probablement pour aimer d'une part et rendre grâce à la beauté du monde, de l'autre.

 

@@@

 

« - Elles sont bonnes les patronnes. J’leur mettrais bien un p’tit coup dans la culotte. Tac tac, tous les trois dans l’pieu. Yeah !!!

- Vas-y, déconne pas ?! Tu crois que…

- oh ben toi, t’as vraiment d’la merde dans les yeux.

- Là où y’a d’la merde, y’a d’la vie… Bon trêve de conneries, elles nous l’ont bien chargé l’emploi du temps, les salopes… »

Les deux inspecteurs approchaient le lieu du crime. La butte du Rossignol était en vue.

« - Personnellement, je préfère la préfète. Y'paraît qu'elle voulait faire hôtesse de l'air...» 

 

@@@

 

Ambre amoureuse planait.

Jaime, planant, atterrissait.

Sur le chemin du retour, il avait eu cette phrase : « Au fur et à mesure, l’école de

l’impuissance gagne du terrain. »

Le merle avait cessé de chanter.

Il l’avait vue nu-pieds.

Il aimait jusqu’à sa petite taille.

Il ne savait plus s’il devait être féminin ou masculin.

Tout se confondait.

De jour en jour, sirènes ou pas, il l’aimait.

Fort. Très, très fort. Tous les jours plus fort.

 

Jaime souffrait de ses éclipses.

Au jardin, elle n’y était plus venue!

 

Un jour, à près de quarante ans, Jaime s'était donné renaissance. Dans la

baignoire de son enfance aux murs vert-amande, il avait accouché en vision

plongeante de deux jumelles en salopette rouge. L'une d'elles, à droite, au plus

près du siphon lui faisait craindre un engloutissement. Mais le danger pressenti,

l'angoisse en était restée là. Les deux bébés bougeaient peu et tout avait pu

continuer. Sans doute, n'avait-il plus grand chose à craindre. Il était enfin mûr.

Il avait réussi à conserver cette merveilleuse part d'enfance.

 

____        _____

Sortilèges

Seul l'amour donne des ailes.

Le génie y élit son adresse.

Alliance providentielle.

Ton sort s'y allège.

Extrait tiré du livre Pas De Panique! du grand mage Placide Partage (2008-6667)*

: Naissance sur l'île de Sein le 14 février 2008, Mort dans la mégalopole d'Enviedejouir le 28 juillet 6667.

 

 

Un jardin après la mousson, tu te souviens pourtant?

 

Pour en finir avec les dictateurs :

Esope "La douceur, les bonnes paroles influenceront plus vite les gens que toute la colère et tout le tapage du monde."  Ésope

Hélas…

           

Festin : manger Ambre!

Jaime dévoré par son Feu. Furieuse envie de stupre et d'Amour. Chaudes heures,

éternelles Avenir. Je T'Aime, putain!, mon crâne Manger.

 

Elle me fait terriblement phantasmer. Il est certain qu’elle sera une divine maîtresse. A

prendre, à être prise. Sa force de caractère et de corps associée à sa capacité d’amour déjà bien employée, cette confiance peut-être idiote que j’ai en elle, augurent de franches extases de mon point de vue.

Mes souvenirs de sexe avec les femmes sont d’une puissance folle. Mon imaginaire en ce

domaine ressemble à un sublime jardin peuplé des arbres fruitiers les plus féconds. Figuiers

ployant sous le poids d’énormes fruits, abricots chauffés au soleil du Sud, singulier cerisier.

Lavandes, tournesols, papillons, fraises sauvages jaillissant des murets de lause. La sauvagerie

et la profondeur des Cévennes alliée au raffinement de la plus haute Littérature, des chefs

d’œuvre du monde. Et l’affection d’un adorable môme de trois ans pour sa Maman. D’une

force que n’égalerait pas même une énergie nucléaire. Le tout totalement bridé et frustré par

des échecs sentimentaux et des fins de non recevoir.

Jaime

 

@@@

 

 

« - Elles sont bonnes les patronnes. J’leur mettrais bien un p’tit coup dans la culotte. Tac tac, tous les trois dans l’pieu. Yeah !!!

- Vas-y, déconne pas ?! Tu crois que…

- oh ben toi, t’as vraiment d’la merde dans les yeux.

- Là où y’a d’la merde, y’a d’la vie… Bon trêve de conneries, elles nous l’ont bien chargé l’emploi du temps, les salopes… »

Les deux inspecteurs approchaient le lieu du crime. La butte du Rossignol était en vue.

« - Personnellement, je préfère la préfète. Y'paraît qu'elle voulait faire hôtesse de l'air...» 

 

Mercredi 5 août 2009 Parenthèse

Assurément, il y a eu égarement

C'est mignon, c'est délicieux, c'est tentant.
Le lendemain et le jour d'après, c'est méchant et affreusement aguicheur avec tout autre à la terrasse d'un bar.
Dégueulasse, ignoble et dégoutant.
Honte à mon erreur. C'est infâme, c'est gerbant.
Mille regrets d'avoir bien aimé. Beurk! Ecœurant!
Pardon, il y a eu égarement!

______________________________________

 

Ce dernier message intriguait notablement les enquêteurs.

Tous les personnages de ce blog semblaient fictifs. Aucun prénom ne semblait correspondre dans la vie du suspect ou de la victime.

Cette fois, dans le cœur du message, il n’y avait ni prénom, ni signature.

Le corps de la victime demeurait introuvable. Seules des traces. Dans la maison, dans les e-mails, dans le blog.

Parallèlement, la police scientifique dénouait les enchevêtrements. Et n’aboutissait à rien de tangible. Tout semblait devoir rester dans l’ordre du virtuel sans traçage possible. L’auteur de  ces faits non avérés leur apparaissait comme un informaticien(ne) de génie. C’était-là leur seule piste.

Une femme splendide d’âge mûr, attendait les deux inspecteurs sur le perron du moulin. Malgré la canicule, le jardin foisonnait comme au meilleur printemps. La couleur des lieux : luxe, calme et volupté. De toutes parts, le chant serein d’oiseaux enchanteurs et le charme des allées bercées par le clapotis de l’eau rafraîchissante. Une nature ordonnée, bienfaitrice alliée à une architecture de la vieille pierre cultivant l’harmonie, la fusion du culte du raffinement et de la simplicité. Une perfection jusque dans la moindre des sensations. Un bon mystère. Une magie.

Avenante, Madame Arnoux emprunta l’allée des Iris pour venir à la rencontre des deux hommes. Depuis peu, grâce à son avocat, elle avait obtenu de pouvoir à nouveau séjourner ici.

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